Membres fondateurs

Les premiers membres du CRDP

Directeur : Jean Beetz (professeur à la Faculté, plus tard doyen, et ensuite juge à la Cour suprême du Canada)
Secrétaire et assistante de recherche : Luce Patenaude (première femme nommée au poste de Protecteur du citoyen en mai 1969)

Conseil d’administration

1re rangée : Jean Beetz, Maximilien Caron (doyen de la Faculté de droit de 1961 à 1965) et Luce Patenaude

2e rangée : Marc Lalonde (avocat et, plus tard, ministre fédéral), H. Carl Goldenberg (avocat, conseiller constitutionnel de plusieurs premiers ministres du Canada et, plus tard, sénateur), Albert Mayrand (professeur à la Faculté et, plus tard, juge à la Cour d’appel du Québec et jurisconsulte de l’Assemblée nationale), Pierre E. Trudeau (professeur à la Faculté de droit et, plus tard, premier ministre du Canada)


André Morel (professeur à la Faculté et, plus tard, vice-doyen)

Constance et évolution dans la mission du CRDP : un droit inscrit dans son contexte social

Mis sur pied pour « le bien de la collectivité », l’Institut, qui devient en 1971 le Centre de recherche en droit public, se voit à l’origine confier la mission de « favoriser et d’organiser la recherche en droit public, plus particulièrement en droit constitutionnel et en droit administratif ». À l’époque, il s’agissait de domaines négligés dans les programmes des facultés de droit du Québec. Le CRDP a su rendre ce droit plus accessible en améliorant « [s]a forme et [s]a communicabilité », mais aussi en essayant de « bâtir une doctrine canadienne en droit public », plus spécialement au Québec. Le CRDP assumera aussi une importante mission pédagogique, en formant, à chaque génération, une relève scientifique.

Très tôt, toutefois, le CRDP adoptera une définition large de sa mission de faire progresser le droit public. Ainsi, Jean Beetz, son premier directeur, insistait sur le fait que la recherche dans ce domaine devait aussi intégrer les perspectives de disciplines connexes telles que l’histoire, la science politique et les sciences économiques. Cette ouverture sur l’interdisciplinarité s’accentuera au fil des ans : l’étude du droit ne sera plus jamais confinée à l’exégèse de la norme positive, mais visera au contraire à la réinsérer dans son contexte social, à analyser et modéliser ses interactions avec d’autres types de normes, à saisir les modalités de son arrimage avec les valeurs des sociétés d’où elle émerge et à appréhender les mécanismes de sa production. Elle se confirmera avec éclat lorsque le CRDP accueillera en son sein des chercheurs issus d’autres disciplines que le droit, comme des anthropologues, des sociologues, des informaticiens, des médecins ou des philosophes. Mais quelle que soit sa discipline scientifique, le chercheur en droit public se reconnaît comme un acteur social en prise avec sa société.

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