Entretien avec Hélène Trudeau, professeure de droit à l’Université de Montréal

Hélène Trudeau, professeure-chercheure au CRDP

Quel parcours universitaire avez-vous suivi ?

Ma carrière de professeure de droit à l’Université de Montréal a débuté en 1991. Auparavant j’avais obtenu un baccalauréat en droit à l’Université de Montréal puis une maîtrise de droit à l’Université Laval. Par la suite, je suis partie en France à Bordeaux où j’obtins un DEA en droit. Dans une perspective comparée, j’avais consacré mon mémoire à l’intérêt qu’ont les associations à agir en droit public. C’est également à cette époque que j’ai commencé à m’orienter vers l’environnement. La protection de la nature m’intéressait. Cependant il n’y avait pas de cours en droit de l’environnement. Mon intérêt premier portant sur le droit public, je l’ai combiné avec le droit environnemental.

Comment avez-vous commencé à travailler avec le CRDP ?

J’enseignais le droit administratif et le droit de l’environnement, notamment dans une perspective internationale. L’angle international m’interpellait particulièrement et m’a conduite à travailler avec la professeure Thérèse Leroux. Dans un premier temps, il s’agissait d’étudier l’aspect des organismes génétiquement modifiés. Nous avons travaillé sur le principe de précaution, un principe important en la matière. L’environnement et la santé, domaine dans lequel Thérèse Leroux est spécialisée, sont des problématiques clairement liées. C’est pourquoi il est important de poursuivre dans cette voie et d’élargir ce troisième axe aux questions environnementales. Récemment des chercheurs scientifiques ont obtenu une subvention importante de Génome Canada dans laquelle l’aspect juridique sera étudié par l’équipe de Thérèse Leroux dont je fais partie. Dans ce projet relatif à la décontamination des sols par les saules, de nombreuses recherches génétiques sont présentement menées. Sur le plan du droit, il s’agira d’en appréhender les aspects éthiques, légaux et économiques. Il s’agira également d’analyser les retombées de ce projet pour le Canada. Cette recherche s’inscrit dans un contexte environnemental profondément actuel.

Quels sont les autres projets sur lesquels vous travaillez ?

Je suis en train de mettre à jour un ouvrage en droit de l’environnement avec d’autres collègues. Je dois dire que ce projet d’écriture m’occupe beaucoup. Je prévois également de travailler sur la question des eaux, problématique passionnante touche à tous les secteurs juridiques : le droit de la mer, la santé, le pénal… De plus, cette question nécessite de larges connaissances scientifiques d’où l’importance de collaborer avec des scientifiques d’autres disciplines. La multidisciplinarité est ici encore à l’honneur !